Communauté Tradition Equestre Française

- Association Culture et Traditions Equestres de France -

ETF Quesako ?

Depuis octobre 2014, quasi impossible de ne pas avoir vu sur le net ces quelques lettres :

ETF

Mais quesako ?

Mais vous, vous devez au moins savoir ce qu'il cache comme mots : Equitation de Tradition Française.

Alors on en entend parler, on se demande un peu ce que c'est, pour qui pour quoi ? Et es-ce une nouvelle mode comme l'a pu être l'équitation dite "éthologique".

Petit historique :

Oulàlà non non non pas d'histoire ... si un peu quand même ...

Aller en vrac, ça vous inspire quoi ?

Equitation classique, Maîtres équestres, Cadre Noir, Saumur, Dressage, ...

Mais encore ?

Aller quelques noms : De La Guerinière, Baucher, L'Hotte, Oliveira, ...

Donc bon pour la mode on repasse ... on se base là sur les savoirs des Anciens.

Pour quels cavaliers et quels chevaux ?

Je pense que la conclusion du Chef des Écuyers à Saumur en octobre 2014 est la bonne : POUR TOUS ... mais il faut en avoir la volonté, j'y viens !

Pour quoi ?

Pour rechercher des valeurs de respect, d'harmonie, de légèreté, ... ce sont les mots qui sont revenus le plus depuis 6 mois.

Non que ce n'est pas ce que cherchent déjà certains mais sans avoir posé d'étiquette "ETF" dessus ...

Quelle base de travail ?

Le dressage, pas celui des compétitions officielles, mais celui du quotidien le travail avec le cheval, à pied ou/et à cheval.

Quelles disciplines ?

Toutes ... on peut retrouver les valeurs de l'ETF dans toutes les disciplines, encore faut-il vouloir les appliquer.

Quels "blocages" dans la pratique au quotidien ?

Patience, respect du cheval et remise en question, sont la base de la pratique à mes yeux, et en partant de là c'est avant tout un vrai travail sur soi qu'il faut mener avant d'y inclure son cheval.

Il faut abandonner les "vieilles habitues" s'il y en a ... enrênements, violence (physique ET mentale) sur le cheval et c'est pas le plus simple ...

Loin du pays des Bisounours, c'est une route difficile mais valorisante pour le cavalier comme pour le cheval, les acquis le sont par le travail, la recherche et la volonté, par d'artifices, pas de passe-passe, ce qui est acquis le reste.

La transmission des valeurs ?

Les ouvrages des grands maîtres sont disponibles au plus grand nombre, l'enseignement de terrain existe il suffit de connaitre les bonnes personnes !

Des Associations ou/et regroupement de passionnés, s'organisent et des dates commencent à être posées pour des rencontres.

Le coût ?

Ah l'argent ... nerf de la guerre ... de votre pratique personnelle au quotidien qui  ne vous  coûtera pas plus d'argent que les méthodes contraignantes ... gratuite donc ... aux stages avec les grands noms reconnus, relativement chers, il y a aussi des instructeurs, écuyers plus "abordables" dont la qualité n'est pas discutable ... un peu de recherche et merci internet et les réseaux sociaux !

Alors quoi faire ?

Poser les artifices ... regarder évoluer votre cheval ... communiquer avec lui ... rechercher l'harmonie et le bien être ...

Chercher les enseignants s'engageant dans cette voix, qui transmettent ces valeurs dans leur enseignement.

                    Sophie De Araujo

FaceBook : "Arazzi Equitation"

Notes de bon sens sur un concept à la mode : équitation de tradition française

L'expression « équitation de tradition française » est en train de devenir une tarte à la crème d'un certain nombre de pratiquants, plus ou moins enseignants, alors qu'elle était tout à fait inemployée avant que Patrice Franchet d'Espèrey ne présente à l'UNESCO un dossier pour faire inscrire cette « équitation de tradition française » au patrimoine immatériel de l'humanité. Avant, on parlait moins pompeusement d'école française.

Un récent colloque donné en grande pompe comme une soirée mondaine à l'IFCE, est venu adouber l'expression en lui donnant les lettres de noblesse de quelques stars.

Ce faisant, j'observe à travers ces différentes manifestations de l'expression, à la fois des divergences assez notoires sur ce qu'on entend par « équitation de tradition française » et l'oubli étonnant de ce qui est spécifique : « française » et pas « espagnole », « allemande », « arabe », etc...

Je reprends donc ma plume pour jouer mon rôle préféré : celui du naïf pratiquant doté d'un solide bon sens, de quelques compétences linguistiques et d'un peu de culture livresque.

Petit parcours naïf des titres de communication du colloque intitulé « Premières rencontres de l'équitation de tradition française » (qui n'est d'ailleurs pas le premier, ça commence mal pour la vérité des propos !) :

On constate dès la lecture que certaines communications ne portent pas sur l'équitation de tradition française : « art équestre » en général, « équitation traditionnelle européenne », « équitation de tradition latine », « équitation éthologique »... Diantre, l'UNESCO se serait-il fait avoir ?

D'autres communications semblent plus intéressantes dans la mesure où elles abordent un aspect technique de ladite équitation : « sauts d'école », « méthodes de dressage ». Elles sont rares.

Beaucoup de communications portent sur la place de l'équitation de tradition française : dans les clubs, l'enseignement, la politique, la culture, le sport, le spectacle, etc...

Une seule communication envisage de retracer ce dont il s'agit, celle de Patrice Franchet d'Espèrey : « Les origines de l'équitation de tradition française et proposition pour une nouvelle évolution ».

Un seul titre de communication propose de rattacher (en partie ?) cette équitation à l'un de ses représentants : François Baucher, il s'agit de la communication de Bernard Sachsè.

Aucune ne propose la moindre réflexion sur la définition !

En tant que pratiquante lambda, ayant qui plus est travaillé avec François Lucas, Patrice Franchet d'Espèrey et Bernard Sachsè, je m'en vais donc mettre mon grain de sel.

1° Ni Sachsè ni Lucas ne se sont présentés à moi comme enseignant en particulier l'équitation de tradition française. Fallait deviner. Je le dis pour contribuer par l'exemple au débat sur la place de cette équitation dans l'enseignement... Si tous les éthologues ont clairement l'étiquette éthologues, les représentants de l'équitation de tradition française, il faut les trouver par instinct ou par hasard !!! noyés qu'ils sont dans les mille prétendants à une équitation de qualité ! Pour cause, dans le cas de Lucas au moins, ils participent à l'équitation sportive, qui, parfois, semble bien contraire aux enjeux de l'équitation de tradition française, j'y reviendrai, ou bien leur enseignement est fort mâtiné d'éthologie, ce qui n'est sans doute pas contraire à l'école française mais parfois vient pour le moins introduire de la confusion, ne parlons pas de l'influence des philosophies orientales, qui elles aussi ne contredisent pas notre équitation mais enfin l'infléchissent dans un sens bien particulier. Pour moi, c'est un peu comme si un marchand vous vendait un Pur Sang de mère ibérique ou bien quarter horse... Il devient compliqué d'évoquer ses origines pour rendre compte de ses qualités.

2° Ayant appris en écoutant tous ces gens savants, hommes de cheval pour la plupart (mais pas tous), que je pouvais retenir quelques personnages clefs dans l'histoire de cette équitation (logique, on parle de tradition), j'en retiens : La Guérinière, Baucher, L'Hotte.

Ces trois Français semblent parfois se contredire, ce qui ne va pas m'aider à savoir ce dont il s'agit !

3° Si je veux savoir ce qu'est intrinsèquement cette équitation, la première chose à faire serait sans doute de trouver un point commun entre tous ces auteurs, et de comparer ces auteurs français à leurs voisins européens ?

1. Équitation française : le cheval est un autre moi-même

- Désignation des parties du cheval par des termes de l'anatomie humaine : hanches, jambes, bouches, n'est pas anodine et institue le cheval comme un animal à part dans la culture française. Cet animal est de loin le plus humanisé (et même féminisé) de tous les domestiques de notre pays. Ce n'est pas un hasard. Notre équitation n'est pas une équitation qui objectalise le cheval et c'est assez rare en Europe. On peut penser qu'il y a là une des grandes différences avec les autres pays européens.

- Maintien permanent de l'idée que le cheval est intelligent, pense, réfléchis, etc.

Baucher écrit « C'est à l'intelligence du cheval qu'il faut s'adresser ». Ce principe est en général maintenu ou préside à l'équitation française qui est l'une des rares à penser l'éducation du cheval en prenant en compte son « moral ». Pour preuve, le fait que l'impulsion soit envisagée justement sous l'angle moral « désir de se porter en avant » et non sous l'angle mécanique.

2. Supériorité (vérité) de la pensée biomécanique française

Côté allemand, le Schwung est une aberration biomécanique, ainsi que la tension du dos, la jambe plaquée, le contact permanent sur la bouche.

Côté « équitation éthologique », la posture basse de la tête est, en soi, un non sens biomécanique, anti-naturel au possible, et pour s'en convaincre il suffit d'observer la locomotion du cheval en liberté.

Côté ibérique, l'assise du cheval sur les postérieurs engendre une fatigue des membres postérieurs, elle aussi anti-biomécanique.

Au contraire, la descente de mains et de jambes comme idéal, l'amuissement progressif de l'usage des aides en général, la liberté sur parole du cheval dans les exercices, la nuque le point le plus haut, l'équilibre horizontal, sont les garants de la meilleure intégrité physique possible.

3. Le cheval partenaire vs le cheval mécanique

Il résulte de 1. et 2. que dans l'équitation française le cheval est perçu comme un partenaire intelligent dont il faut obtenir d'abord la collaboration mentale pour pouvoir développer une collaboration physique, toujours dans le souci de conserver l'intégrité physique et mentale du cheval. Dans la plupart des autres cultures/pratiques équestres les chevaux ne sont qu'un moyen mécanique qu'il faut mettre à notre disposition. L'homme est la tête, le cheval le corps, l'homme le dominant, le cheval ipso facto le dominé. Cette vision place le cheval en position d'esclavage et seule la bienveillance du cavalier limitera l'usage de l'esclave, ce qui est la porte ouverte à toutes les « dérives » et à tous les « jeux de massacre » possibles. Faisons simple, dis-moi l'âge de ton cheval, ses maux et je te dirai si tu l'as bien mené.

4° Le syndrome de la mauvaise conscience

Il semble que l'équitation française souffre du syndrome de la mauvaise conscience qui touche les minorités face à un dogme en place. Depuis que l'Allemagne a gagné la guerre, elle a imposé son équitation militaire aux autres, peut-être parce que cette équitation est somme toute plus facile que l'équitation française. De fait, réduire l'autre en esclavage ne nécessite que de la force, alors que le dialogue lui suppose des qualités d'ouverture, de réflexion, de remise en question, qu'il est plus difficile de développer.

Ce syndrome me semble aussi pénible que ridicule. Il inhibe toute possibilité de rendre à l'équitation française une place efficace et explique même l'engouement de personnes sensibles et de bonne volonté pour « l'éthologie » qui a su, elle, se revendiquer sur le terrain du bien-être du cheval, alors même que ses méthodes laissent plus que perplexes quant à la réalité de ce bien être. Bref, ce manque de confiance en soi est en partie cause de sa disparition. Il engendre en compensation et pour le pire un syndrome d'élitisme et un effet de cénacle des plus pervers. Je ne citerai pas de noms mais bon nombre des pratiquants de l'équitation française prennent les équitants pour des imbéciles et les rejettent au lieu de les former. Ce cénacle œuvre en catimini au lieu de faire l'effort d'éduquer les ignorants. C'est facile, mais fort peu efficace pour la défense de cette équitation et pour le bien être des chevaux.

Au lieu de faire des associations entre eux, ils feraient mieux de se fédérer réellement, d'organiser des concours sur leurs critères, bref d'agir ! Les interminables palabres des forums, associations, etc etc, ne produisent, depuis vingt ans déjà, que des désaccords et n'aboutissent à rien, pire, ces bavardages ne font que rendre confuses des choses simples.

Les tentatives de fusion des deux écoles principales de l'Europe sont aussi ridicules que contredites par les faits comme en témoignent le lexique de la FFE au regard des systèmes réels de notation des épreuves internationales. Il faut donc se dissocier de façon claire en posant des principes simples et en créant des concours permettant d'évaluer ces principes

1° La légèreté c'est le minimum d'emploi des aides possibles. Partant, ni la bride ni l'éperon ni même le mors ne devraient être obligatoires ! L'équitant est évalué sur la qualité du travail du cheval =>

2° Cette qualité s'évalue en premier par la position de la nuque et de la tête.

3° Par la rectitude du mouvement qui témoigne de la qualité de l'équilibre (là on est surpris de voir des chevaux se tortillant au passage être si bien notés parce que droit, c'est droit de partout !)

4° Par la qualité du mouvement évaluable par la permanence de la cadence et l'ampleur de la foulée, cette qualité du mouvement devant être évaluée au naturel (pour voir les défaut d'allure naturels du cheval) et monté (pour voir comment le travail monté influence positivement, ou négativement, ces allures naturelles)

Voilà, j'ai terminé ! Toutes les figures, tous les airs peuvent s'évaluer selon ces quatre petits critères, avec ou sans mors, et tout le reste n'est que du baratin inutile. La différence entre un cavalier débutant, et un expert ne se situera que dans la complexité des figures et airs abordés, comme d'habitude.

Alors, vous commencez quand, messieurs les professionnels de l'équitation de tradition française ?

Laurence Bougault

Equitation de tradition française, un concept fédérateur rempli de sens et d’avenir

Je viens de lire, sur Cheval Culture, une publication de Laurence Bougault intitulée "Notes de bon sens sur un concept à la mode : équitation de tradition française".

L’auteur rappelle avec raison que l’expression "équitation de tradition française" avait, hormis l’ouvrage de Dom Diogo de Bragance, peu cours avant que l’Unesco ne s’en empare, à partir du dossier initié par le socio-historien Jean Lagoutte et l’écuyer Patrice Franchet d’Espèrey, lesquels ont, de concert, le mérite d’avoir fait prospérer leurs convictions dans l’esprit du Comité Intergouvernemental chargé de décider de l’admission de nos savoir-faire et principes équestres spécifiquement français sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité.

Toutefois, contrairement à ce qui est dit avec une certaine malice dans l'article cité, il n'y a strictement rien de "pompeux" dans la dénomination équitation de tradition française. Le concept est fédérateur. Il rend compte des particularités de notre histoire équestre et de l'héritage de tous les grands maîtres d'équitation ayant officié dans notre pays depuis le 16ème siècle. Les préférences personnelles des uns et des autres d'entre nous ont ici peu d'importance et relèvent de ce type de subjectivité qui pollue toute démarche scientifique.

Comme bien d'autres, Laurence Bougault met en avant le contenu qui semble lui convenir au mieux pour qualifier ou définir ses pratiques personnelles. Et, à cet égard, elle a raison d'évoquer la "tarte à la crème" avec un humour de bon aloi. Mais il s'agit en réalité de tout autre chose que ce qu'elle imagine comme une sorte d'auberge espagnole où chacun viendrait vider sa besace personnelle.

L'Unesco a accueilli notre projet d'inscription à l'inventaire sur la base d'une description cohérente, à laquelle il convient de se tenir, sans déborder d'aucune manière :

"L'équitation de tradition française est un art de monter à cheval ayant comme caractéristique de mettre en relief une harmonie des relations entre l'homme et le cheval. Les principes et processus fondamentaux de l'éducation du cheval sont l'absence d'effets de force et de contraintes ainsi que des demandes harmonieuses de l'homme respectant le corps et l'humeur du cheval. La connaissance de l'animal (physiologie, psychologie et anatomie) et de la nature humaine (émotions et corps) est complétée par un état d'esprit alliant compétence et respect du cheval. La fluidité des mouvements et la flexibilité des articulations assurent que le cheval participe volontairement aux exercices".

Je veux en rester là ; et ne pas broder je ne sais quel ornement personnel sur le sujet. C'est pour cela que j'avais proposé une définition lisible du concept en sortie du colloque saumurois d'octobre 2014 :

"issue des pratiques équestres cultivées depuis plusieurs siècles par une longue lignée d'écuyers et leurs élèves, l'équitation de tradition française est caractérisée par l'harmonie de la relation entre le cheval et son cavalier et une exécution fondée sur la recherche de légèretés et sur le renoncement à toute forme de violence coercitive ou de surexploitation économique et commerciale".


Cette approche satisfait ma curiosité intellectuelle et me convient aussi en tant qu'écuyer. Pour l'esprit, elle est cohérente ; pour la pratique quotidienne, elle m'indique l'essentiel des comportements qu'il m'appartient de cultiver à l'égard de ma monture, voire des interdits implicitement énoncés au nom de l'éthique.

Les Rencontres saumuroises d'octobre 2014 ont permis d'écouter les uns et les autres. C'est le grand mérite de l'IFCE d'avoir réussi à réunir la quasi-totalité des obédiences cavalières dans un amphithéâtre et de les mettre en discussion, parfois en confrontation. Même si l'organisateur a dû entendre ses oreilles siffler quelques fois, il doit être associé au succès de ces journées. Car il s'agit bien de réussite lorsque plusieurs centaines de cavaliers parviennent à échanger leurs expériences, même s'ils n'aboutissent à aucun résultat tangible immédiat.

Contrairement à Laurence Bougault, je n'ai détecté aucune mondanité particulière dans cette réunion. J'y ai seulement rencontré des personnes passionnées par leur art, s'exprimant avec émotions et compétence, chacun dans son domaine de prédilection. Bien évidemment, aucune unanimité n'a été dégagée. Les miracles ne sont pour tout de suite que dans la virtualité.

Ce colloque, incontestablement d'une nouvelle espèce, a permis de fixer les idées d'un grand nombre de participants : il n'y a pas d'accord immédiat possible sur l'interprétation du principe de l'harmonie des relations entre l'homme et le cheval. Il n'y a pas davantage de pensée unique sur ce que peuvent évoquer "la sincérité, la maîtrise de la gestuelle et la connaissance approfondie du cheval". Il y a un clivage évident entre les tenants de l'art équestre et les tenants du sport équestre ; il y a cette pollution majeure de la compétition et de ses dérives mercantiles et techniques.

Mais il y a aussi la prise de conscience de tous que le rapport de l'homme au cheval doit désormais être basé sur la douceur et demeurer exclusif de toute brutalité et de tout excès ; que ce comportement de l'homme de cheval est de nature à apaiser le cheval et à rendre son emploi plus aisé et accessible au grand nombre de cavaliers en formation dans notre pays. Cela est déjà une victoire indiscutable.

Il convient à présent de préparer la suite, c'est-à-dire de tenir les engagements que nous avons pris à l'égard de cet organisme international qu'est l'Unesco de tout faire pour sauvegarder le patrimoine qui nous est dévolu et pour préserver l'essentiel de son contenu, afin de pouvoir le transmettre en bon état de conservation à la génération qui vient.

Laurence Bougault indique quelques pistes qui permettent, selon elle, de mieux découvrir les contenus du concept d'équitation de tradition française. Je respecte totalement ses convictions.

Mais pourquoi donc ne viendrait-elle pas les échanger au sein de la Communauté Tradition Equestre Française (http://www.communaute-tradition-equestre-francaise.org/), où, contrairement à ce qu'elle semble craindre, rien ne se passe "en catimini" ? Je puis d'ores et déjà lui assurer que je me ferai, avec elle, l'ardent défenseur de "la descente de mains et de jambes comme idéal, l'amuïssement progressif de l'usage des aides en général, la liberté sur parole du cheval dans les exercices, la nuque le point le plus haut, l'équilibre horizontal".

Je partagerai bien moins ses certitudes quant à ce qu'elle désigne sous le terme générique de "syndrome de la mauvaise conscience" qui nous inhiberait face à une équitation germanique hégémonique et ravageuse. Pour l'avoir côtoyée en direct, en Allemagne et dans quelques pays de l'Europe du Nord, je n'ai pas la moindre retenue ou le plus petit scrupule à rejeter, purement et simplement, et en bloc, tout ce qui provient de l'équitation germanique sportive. Cela ne m'empêche en rien de profondément respecter l'équitation allemande pratiquée dans les lignées de son école classique, laquelle est, au demeurant, d'inspiration viennoise, donc française.

Cela étant, je crains, comme elle, le pire quant à la propension actuelle des tenants français de l'équitation sportive de compétition à se rallier à la bannière teutonne. Les premiers symptômes d'une telle trahison ont en effet pu être détectés récemment à Saumur. Le Cadre Noir serait-il soudain devenu amnésique et aurait-il oublié les recommandations du colonel Margot, l'un de ses chefs les plus prestigieux ? La victoire sportive ne saurait être une finalité coûte que coûte ! Si elle est obtenue au détriment du cheval, elle n'est que méprisable.

Bernard Mathié © janvier 2015

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